mercredi, 22 février 2012|
 

Etre musulman, ça veut dire quoi ? (VIDEO)

Etre musulman c’est comme faire partie du Fight Club. Tu marches dans la rue et dès que tu crois entrevoir un comme-toi, tu échanges avec lui un regard entendu. La première règle du Fight Club est : « on ne doit pas parler du Fight Club ». La deuxième règle du Fight Club est : « il est interdit de parler du Fight Club… » Sauf qu’à force d’être undercover, nos amis, voisins et collègues vont bien finir par croire qu’on a quelque chose de honteux à cacher. Quoi ? Rien du tout en fait. Juste un bon gros complexe dont on peine à se débarrasser.

- Pourquoi tu jeûnes ?
- Bah… en fait c’est TIP TOP pour la santé. Tu combines ça avec un régime Dukan si besoin et ça te permet de purger toutes les toxines accumulées…
- Attention Nad’ t’as les cheveux qui frisent quand tu racontes n’imp’.
- Haaaaaan, vite mon lissage ! »

Est-ce qu’on est la dernière génération de complexés ou est-ce qu’on va transmettre ce triste cadeau à nos enfants ? Ne pas répondre quand on nous dit « as-salamu ‘alaykum », ne pas expliquer les gestes essentiels qui ponctuent la vie d’un(e) musulman(e), ne pas assumer nos choix de vie et se retrouver toujours entre deux chaises, incapables de relever la tête avec dignité.

On se crée un mélange d’ethnique, de religieux, de post-colonial, de beurisme et de plein d’autres idées qui n’ont pas forcément grand chose à voir les unes avec les autres. On est confus et on renvoie à ceux qui nous entourent une image incompréhensible. Pourtant c’est plutôt simple d’expliquer l’islam.

Etre musulman, c’est croire qu’il existe un Dieu et un seul, qu’Il a envoyé des prophètes pour guider l’humanité, de Adam à Muhammad et que chacun d’entre eux avait une mission, un message à partager. Etre musulman, c’est croire que la vie a un sens et qu’il existe une raison à notre présence ici. L’être humain ne sert pas à rien, il n’est pas juste là pour proliférer, causant destruction et désordre là où il s’installe. Etre musulman, c’est croire que Dieu nous a envoyé des livres pour nous expliquer les choses, nous poser des questions et nous faire réfléchir, nous qui sommes doués de raison. Le Coran est le dernier de ces livres.

Etre musulman, c’est croire qu’il y a une justice et que chacun est responsable de ses actes. Riche ou pauvre, fort ou faible, quels que soient notre couleur, notre ethnie ou notre pouvoir matériel, rien de tout cela ne compte à coté du bien et du mal que l’on fait durant notre vie. Etre musulman, c’est croire qu’être libre, c’est être conscient de ce à quoi on est soumis, car il n’existe de pire esclave que celui qui s’ignore.

Etre musulman, c’est croire.

Il n’y a pas de tabou à le dire, au contraire. Cela n’est en rien en contradiction avec la rigueur scientifique. Plus encore, la croyance est un choix rationnel autant qu’émotionnel. L’héritage de sciences, dont la majorité nous a été léguée par des croyants, en atteste à chaque fois qu’on ouvre un livre d’histoire. C’est toujours drôle d’avoir des conversations avec des amis athées qui s’adressent à moi comme s’ils me questionnaient d’un endroit qu’on appellerait « nulle part », une espèce de non-lieu idéologique qui leur permettrait de se prévaloir d’une quelconque neutralité.

Le seul hic, c’est que cet endroit n’existe pas. Il n’existe pas de neutralité. La seule honnêteté, dont un individu peut se prévaloir, c’est de reconnaître ses partis pris. On est tous dans un champ de référence fruit de nos expériences et de nos choix passés. A ce titre, les athées ne réalisent pas une seule seconde qu’eux aussi font acte de foi lorsqu’ils professent que « Dieu n’existe pas ». Car jusqu’à preuve du contraire, ils n’ont pas le moindre début de commencement de résultat scientifique justifiant une telle assertion. Or c’est la définition même de la croyance pure : postuler la véracité d’une hypothèse sans être capable de la démontrer.

Donc nos amis athées sont des croyants comme les autres. La seule différence, c’est qu’ils ne formulent pas forcément consciemment le dogme central de leur foi, à savoir la dénégation de l’existence de Dieu, et à travers elle celle du sens de toute chose. Nos conversations, toujours amicales, se terminent souvent par un blanc quand je me risque à poser la question suivante : « Si Dieu n’existe pas, que tout ce monde est le fruit du hasard, qu’il n’y pas de sens ni de pourquoi à chaque chose, alors à quoi tu sers ? » J’attends toujours une réponse à cette question simple.

Je respecte ceux qui m’entourent et qui ne partagent pas ma foi. J’attends d’eux le même respect inconditionnel quant à ce en quoi je crois.

Billet rédigé par Marwan Muhammad, rédacteur sur Al-Kanz et auteur du livre FoulExpress : http://www.foulexpress.com

Les commandements de D’Allah le Très-Haut :
Appel à votre Intelligence - Les Commandements... par bessamby


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Comme le démontre avec aisance M. Boniface, ces derniers n’ont aucun mal à jeter la suspicion sur l’islam et ses fidèles. Communistes hier, ce sont les musulmans qui sont devenus la menace du « monde libre » que représente le monde occidental dont Américains et Européens sont les leaders incontestés. La (...)
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